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Stétié |
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Colloque Salah Stétié
Montréal, les 5, 6 et 7 novembre 2001
L’une des façons de décrire l’identité d’un poète tel que Salah Stétié est celle qu’il a lui-même employée dans Hermès Défenestré : il est “l’homme du double pays”. L’on pourrait objecter qu’être d’une pareille origine n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est que la terre dont Stétié se réclame est celle où, comme le disait Rimbaud, les batailles les plus sanglantes, les “plus dures” relèvent du “spirituel”. Stétié, fait, par sa parole poétique, don de soi en traduisant dans la concentration de son verbe brûlé la tension de sa double présence culturelle, en-deçà du poème. En ce sens, le choix du poète de déployer les voiles de son exil dans la langue française n’est pas fortuit : même si le regard du poète a l’ambition de l’ubiquité, il se veut pourtant plus humble, “passeur-médiateur”, entre “le désert et le désir”. En fait, il s’agit d’un engagement envers les deux rives de la même et unique Méditerranée puisqu’il se nourrit, à la fois, des vents de l’Orient, de son inconditionnel attachement à la langue arabe, langue de la poésie orale fleur éphémère du désert et du souffle de l’Occident, incarnation de prédilection d’un verbe musical dans ce qui s’est défini comme “tradition de l’écriture”.
Il s’agira dans ces journées de s’accompagner de Salah Stétié autant que de l'accompagner sur le sentier de son écriture exilée et de mener une réflexion notamment autour des questions suivantes : - Comment concevoir l’exil quand cette expérience vient rompre la relation de l’individu avec son milieu ? Risque ou chance ? Dichotomie, décalage ou plutôt harmonie ? Exil, post-exil ou diaspora ? Comment l’exil travaille-t-il la déchirure quand elle reste mystérieusement ouverture ? Entre exil et diaspora, comment faut-il comprendre la distance quand l’exil déracine et la diaspora enracine ? - Comment survit l’exilé à l‘expérience de la séparation ? Quelle est cette “langue autre”, celle du “pays double” qui vient au secours de l’être “en mal d’identité” ? Donne-t-elle corps au discours de l’exilé? Met-elle fin à son exil? Comment la nommer, la décrire ? Est-elle la langue qui s’enrichit de l’autre, du paysage autre, de la sensibilité autre, de l’imaginaire autre ? Crée-t-elle une langue de la langue perdue, la parole-terre de la terre rêvée ou comme le dit Adonis, “écriture qui ne raconte pas”, qui “habite le langage en son for le plus intérieur, entraille de l’entraille, à jamais en instance d’enfantement” ? Responsables : Ghada OWEISS, Salah BASALAMAH et Alexis NOUSS - - - - - - - - Lundi 5 novembre 2001
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