Salah

Stétié


Le point de vue d'Yves Bonnefoy
Etudes universitaires
Le critique d'art
Libre tribune
Salah Stétié et le Liban
Un auteur francophone
Salah Stétié
en langues étrangères
(traductions et articles)
Extraits
Derniers ouvrages publiés

























Un monsieur qu a du flair


Tout le monde connaît M. Houllebecq qui, à chaque fois qu’il le peut, sait être présent sur tous les médias à la fois. C’est un auteur à la mode et quand, dans le petit monde parisien, la mode s’empare de quelqu’un, ça fait d’immenses tempêtes dans un verre d’eau.

Je n’ai aucune qualité pour juger du talent proprement romanesque de cet écrivain à succès et à scandale : je n’ai pas lu ses romans, si je les ai feuilletés un peu. Mais Houellebecq se veut aussi poète. J’ai quelques titres, me semble-t-il, à juger de la production poétique de ce brave méchant jeune homme : elle est nulle, vingt au-dessous de zéro, des vers confondants de platitude et tels qu’un lycéen de quinze ans, ayant le goût des rimes, n’oserait les imaginer ni les écrire ni surtout les publier.

M. Houellebecq, lui, publie. C’est étrange et c’est psychanalytiquement intéressant de voir comment un auteur comblé par la presse et dopé par de prodigieux tirages n’en a jamais fini de chercher à être plus connu encore et, si possible, plus comblé. Un coup d’éclat n’y suffisant pas, il en rajoute et remet ça. Cet écrivain "très tendance" vient de se payer un bien beau succès de librairie en vantant la prostitution en Thaïlande à savoir l’exploitation éhontée de victimes achetées au marché de la chair humaine et revendues. Le monde entier a fait du cas symbolique de la Thaïlande un point d’horreur particulièrement répulsif : M. Houellebecq, lui, applaudit à la prostitution généralisée. Cela choque, cela fait grand bruit dans le Landerneau littéraire et cela va jusqu’à mobiliser les consciences et les ligues humanitaires, celles qui défendent (les pauvres !) les droits des femmes et des enfants. Publicité assurée, tohu-bohu médiatique, surplus de ventes : le rêve, quoi !

Mais ça ne suffit pas à notre Don Quichotte de la publicité auto-suffisante. On peut faire mieux : Salman Rushdie, par exemple, a fait plus fort il y a une dizaine d’années en s’attaquant au Prophète de l’Islam. Il ne faut pas rater l’occasion d’aller plus loin si l’on peut : l’insulte faite à l’Islam est payante, attaquons-nous donc à l’Islam, à la religion la plus con, dit notre auteur avec son sens habituel de la formule. Cela suppose, évidemment, que M. Houellebecq connaît à fond toutes les religions et qu’il peut juger, avec nuance et hauteur de vue, de leur valeur et de leur portée. Sa position médiatique privilégiée fait de lui une autorité de référence, un "Monsieur-je-sais-tout-et-davantage". Il a évidemment lu le Coran qui le laisse effondré, dit-il, effondré ! Pour que M. Houllebecq récupère un peu, on pourrait lui conseiller d’aller faire un tour, lui qui aime voyager, non en Thaïlande pour une fois, mais, par exemple, en Andalousie, à Cordoue ou à Grenade, ou encore en Sicile, à Palerme, pour ne prendre que des destinations proches et où l’Islam, un jour, a fécondé l’Europe jusqu’à cette ancienne Flandre de haute ripaille dont M. Houllebecq est, semble-t-il, lointainement le fils.

M. Houellebecq accuse l’Islam d’avoir des valeurs méprisables, d’être cruel, et d’être destructeur. Voici ce que dit un des personnages de ce romancier, qu’il faut croire humaniste, dans Plateforme, roman qui sert de plate-forme, précisément, à sa nouvelle campagne littéraire et publicitaire. On remarquera, au passage, que l’imagination créatrice de M. Houellebecq n’est, elle, ni cruelle, ni destructrice, ni méprisable. Citation du passage en question (l’auteur, bien entendu, n’y étant pour rien) : Chaque fois que j’apprenais qu’un terroriste palestinien ou qu’un enfant palestinien ou qu’une femme enceinte palestinienne avaient été abattus par balle à Gaza, j’éprouvais un tressaillement d’enthousiasme. On le voit : les personnages de M. Houellebecq ont l’enthousiasme grandiose et le cœur solidement accroché.

M. Houellebecq dit par ailleurs pour se justifier : Il semble que j’aie une espèce de flair de cochon pour déceler ce qui va faire mal à la société autour de moi.

M. Houellebecq semble ne pas aimer l’Islam parce que l’Islam n’aime pas le cochon.

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Entretien avec Salah Stétié
par Antoine Jockey, in Nunc n°15, revue passagère, avril 2008


Poète, papouète
Communication faite lors de la 25ème Biennale Internationale de Poésie
qui s'est tenue au Palais des Congrès de Liège,
en Belgique, du 4 au 7 octobre 2007.

La décisive rencontre
Conférence faite à la Sorbonne le 31 mars 2007
dans le cadre de la Journée de Célébration du 150ème anniversaire de la publication des Fleurs du Mal

Non à ce Dieu là
Conférence-dialogue faite à Perpignan le 5 avril 2007, dans le cadre du Festival des Musiques sacrées

Mort d'un phénix
in Méditerranée Magazine, novembre 2006

Mettons Dieu entre parenthèses !
publié dans Le Nouvel Observateur -
semaine du jeudi 24 août 2006 - n°2181 - espace "Réflexions"


ÇA SUFFIT !
À propos de la censure de l'oeuvre d'Abou-Nuwwas

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À propos de l'embargo américain sur l'Irak

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