Tout le monde connaît M. Houllebecq qui, à chaque fois quil le peut, sait être présent sur tous les médias à la fois. Cest un auteur à la mode et quand, dans le petit monde parisien, la mode sempare de quelquun, ça fait dimmenses tempêtes dans un verre deau.
Je nai aucune qualité pour juger du talent proprement romanesque de cet écrivain à succès et à scandale : je nai pas lu ses romans, si je les ai feuilletés un peu. Mais Houellebecq se veut aussi poète. Jai quelques titres, me semble-t-il, à juger de la production poétique de ce brave méchant jeune homme : elle est nulle, vingt au-dessous de zéro, des vers confondants de platitude et tels quun lycéen de quinze ans, ayant le goût des rimes, noserait les imaginer ni les écrire ni surtout les publier.
M. Houellebecq, lui, publie. Cest étrange et cest psychanalytiquement intéressant de voir comment un auteur comblé par la presse et dopé par de prodigieux tirages nen a jamais fini de chercher à être plus connu encore et, si possible, plus comblé. Un coup déclat ny suffisant pas, il en rajoute et remet ça. Cet écrivain "très tendance" vient de se payer un bien beau succès de librairie en vantant la prostitution en Thaïlande à savoir lexploitation éhontée de victimes achetées au marché de la chair humaine et revendues. Le monde entier a fait du cas symbolique de la Thaïlande un point dhorreur particulièrement répulsif : M. Houellebecq, lui, applaudit à la prostitution généralisée. Cela choque, cela fait grand bruit dans le Landerneau littéraire et cela va jusquà mobiliser les consciences et les ligues humanitaires, celles qui défendent (les pauvres !) les droits des femmes et des enfants. Publicité assurée, tohu-bohu médiatique, surplus de ventes : le rêve, quoi !
Mais ça ne suffit pas à notre Don Quichotte de la publicité auto-suffisante. On peut faire mieux : Salman Rushdie, par exemple, a fait plus fort il y a une dizaine dannées en sattaquant au Prophète de lIslam. Il ne faut pas rater loccasion daller plus loin si lon peut : linsulte faite à lIslam est payante, attaquons-nous donc à lIslam, à la religion la plus con, dit notre auteur avec son sens habituel de la formule. Cela suppose, évidemment, que M. Houellebecq connaît à fond toutes les religions et quil peut juger, avec nuance et hauteur de vue, de leur valeur et de leur portée. Sa position médiatique privilégiée fait de lui une autorité de référence, un "Monsieur-je-sais-tout-et-davantage". Il a évidemment lu le Coran qui le laisse effondré, dit-il, effondré ! Pour que M. Houllebecq récupère un peu, on pourrait lui conseiller daller faire un tour, lui qui aime voyager, non en Thaïlande pour une fois, mais, par exemple, en Andalousie, à Cordoue ou à Grenade, ou encore en Sicile, à Palerme, pour ne prendre que des destinations proches et où lIslam, un jour, a fécondé lEurope jusquà cette ancienne Flandre de haute ripaille dont M. Houllebecq est, semble-t-il, lointainement le fils.
M. Houellebecq accuse lIslam davoir des valeurs méprisables, dêtre cruel, et dêtre destructeur. Voici ce que dit un des personnages de ce romancier, quil faut croire humaniste, dans Plateforme, roman qui sert de plate-forme, précisément, à sa nouvelle campagne littéraire et publicitaire. On remarquera, au passage, que limagination créatrice de M. Houellebecq nest, elle, ni cruelle, ni destructrice, ni méprisable. Citation du passage en question (lauteur, bien entendu, ny étant pour rien) : Chaque fois que japprenais quun terroriste palestinien ou quun enfant palestinien ou quune femme enceinte palestinienne avaient été abattus par balle à Gaza, jéprouvais un tressaillement denthousiasme. On le voit : les personnages de M. Houellebecq ont lenthousiasme grandiose et le cur solidement accroché.
M. Houellebecq dit par ailleurs pour se justifier : Il semble que jaie une espèce de flair de cochon pour déceler ce qui va faire mal à la société autour de moi.
M. Houellebecq semble ne pas aimer lIslam parce que lIslam naime pas le cochon.
Poète, papouète Communication faite lors de la 25ème Biennale Internationale de Poésie
qui s'est tenue au Palais des Congrès de Liège,
en Belgique, du 4 au 7 octobre 2007.
La décisive rencontre Conférence faite à la Sorbonne le 31 mars 2007
dans le cadre de la Journée de Célébration du 150ème anniversaire de la publication des Fleurs du Mal
Non à ce Dieu là
Conférence-dialogue faite à Perpignan le 5 avril 2007, dans le cadre du Festival des Musiques sacrées