Salah

Stétié


Le point de vue d'Yves Bonnefoy
Etudes universitaires
Le critique d'art
Libre tribune
Salah Stétié et le Liban
Un auteur francophone
Salah Stétié
en langues étrangères
(traductions et articles)
Extraits
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ÇA SUFFIT !

Je continuerai à lire Abou-Nuwwas avec le même plaisir, avec la même passion, malgré l’intervention des censeurs égyptiens du Ministère de la Culture. Je suis un esprit libre et je refuse qu’on me dicte ma conduite, qu’on m’impose ce que je dois aimer et ce que je dois détester, qu’on me désigne ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Que cesdits censeurs aillent ainsi dans les vues de la prestigieuse université d’Al-Azhar, la plus ancienne du monde musulman, ne fait qu’ajouter à mon refus. L’Université d’Al-Azhar a ses hautes compétences que je respecte : en revanche elle n’a aucune compétence en matière de littérature, de poésie, de langue, d’humanisme. Abou-Nuwwas est un des pères fondateurs de notre littérature, de notre poésie, de notre façon de traiter avec la langue et de la caresser pour la faire briller de tout son éclat. Il est, par son sens aigu de la liberté de l’homme, un des pères fondateurs de notre humanisme : de notre appétit de vivre et de sourire à la vie, de notre volonté de l’explorer pour la mieux comprendre et pour mieux aimer le don qu’elle constitue. Puisque c’est la Divinité, s’il faut en croire le poète, qui a placé la vie en nous, que vive la vie ! Abou-Nuwwas, s’il doit être jugé, ne saurait l’être par la justice des fonctionnaires égyptiens de la culture ni par les oracles d’Al-Azhar : que cela soit dit et entendu une fois pour toutes.

Nous en avons assez d’être traités comme des enfants irresponsables et débiles par des personnages qui profitent de leur situation établie pour prétendre régenter notre conscience. Ils ont voulu il y a quelques années nous priver des " Mille et Une nuits ", le chef-d’oeuvre absolu de la littérature arabe et l’un des trésors de l’humanité, cela au nom de leur morale étriquée et de cette brutalité primaire qu’on n’ose qualifier d’intellectuelle ou de spirituelle et qui se nourrit aux pires sources du fondamentalisme, sources médiocres qui sont loin d’être celles de l’Islam et où l’Islam ne saurait se reconnaître. L’Islam a une trop haute idée de l’homme et de sa liberté pour céder à ces mutilations. Ces mêmes fonctionnaires, d’hier et d’aujourd’hui, ont prétendu et prétendent toujours nous priver également du droit d’explorer les formes nouvelles de la sensibilité et de l’imaginaire, nous empêchant ainsi de nous projeter dans l’avenir comme le font toutes les autres cultures créatrices. Ce sont ces mêmes fonctionnaires qui maintenant veulent exiler de nos lettres l’un de nos plus grands poètes classiques, traduit dans les principales langues du monde pour la plus grande gloire de la culture arabe.

D’interdit en condamnation et de condamnation en interdit, ils vont bientôt, si nous les laissons faire, jeter l’opprobre sur tous les combattants de l’intelligence et de la liberté dans l’univers arabe ; ils vont nous interdire l’accès aux oeuvres de tous ceux, dans notre patrimoine, qui ont défendu l’honneur d’être homme : à quand le tour d’Ibn Rochd, d’Al-Maari, d’Al-Jâhiz ? Bientôt ils nous interdiront de lire tout sauf leurs productions et leurs firmans. Bientôt ils nous interdiront de lire tout court. Bientôt ils nous interdiront de regarder et de voir, de respirer l’odeur de l’oeillet et du jasmin, d’écouter la palpitation amoureuse et subtile des muwashahâts?

Halte, messieurs les censeurs ! Nous ne vous écouterons pas et nous ne vous suivrons pas. Nous avons une des plus grandes cultures du monde et nous vous empêcherons de la détruire. Avez-vous entendu parler de Catoblépas, ce monstre mythologique qui, lorsqu’il ne trouvait rien à se mettre sous la dent, dévorait stupidement ses bras et ses pieds? Nous ne serons pas Catoblépas. Nous continuerons à marcher sur nos pieds, à battre l’air de nos mains, à regarder, à sentir, à respirer, à avancer vers l’avenir et à lire avec émerveillement Abou-Nuwwas.

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Entretien avec Salah Stétié
par Antoine Jockey, in Nunc n°15, revue passagère, avril 2008


Poète, papouète
Communication faite lors de la 25ème Biennale Internationale de Poésie
qui s'est tenue au Palais des Congrès de Liège,
en Belgique, du 4 au 7 octobre 2007.

La décisive rencontre
Conférence faite à la Sorbonne le 31 mars 2007
dans le cadre de la Journée de Célébration du 150ème anniversaire de la publication des Fleurs du Mal

Non à ce Dieu là
Conférence-dialogue faite à Perpignan le 5 avril 2007, dans le cadre du Festival des Musiques sacrées

Mort d'un phénix
in Méditerranée Magazine, novembre 2006

Mettons Dieu entre parenthèses !
publié dans Le Nouvel Observateur -
semaine du jeudi 24 août 2006 - n°2181 - espace "Réflexions"


Un monsieur qui a du flair
À propos du dernier livre de Houllebecq, Plateforme

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À propos de l'embargo américain sur l'Irak

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