Salah

Stétié


Le point de vue d'Yves Bonnefoy
Etudes universitaires
Le critique d'art
Libre tribune
Salah Stétié et le Liban
Un auteur francophone
Salah Stétié
en langues étrangères
(traductions et articles)
Extraits
Derniers ouvrages publiés




















































































VISAGE EN TROIS
in
Fiançailles de la fraîcheur, Éditions de l'Imprimerie Nationale, 2003


Quand l’attente menace
Dans la chambre du seul l’éclat des seuils
Ce qui vient sera gouverné

Quelques-uns ont l’intuition de la cendre
Dans la nuit fine affinée de cristaux
Ceux-là disent des mots sous le risque

Etoile et tour et lion
Nous défendrons contre le château de leurs plumes
Tombé sur nous avec ses murs et l’ombre froide



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Bientôt la fin. Bientôt dira la bouche
Ce que le puits. Qui a les lèvres pures
On le saura. Les mots décideront.
Nous serons allongés dans le simple.

Les uns et puis les autres. Il n’y aura
Personne pour nous toucher. Et si les linges s’usent
Ce sera par des nœuds faits et défaits
Sans nous, sous le vent couvert de pierres

Et qui dira les mots sera ce jour l’aimant
Pour attirer le corps du feu. Et qui
Ne dira rien sera habillé par les mots
D’un autre, dits pour le sauver



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Voici la mort : elle a le visage en trois,
Illuminée par l’eau
Et entourée de fruits
Dans le sommeil de l’ensommeillement
Sous la beauté de l’air

A toute soif une ombre de ramier
Dans le miroir et le renversement
Colombe de la nuit de ce côté
Où les nuages dorment

SEIZE PAROLES VOILEES

Servantes de ma tête ô vous
Couronnées d’eau ô vous
Qui me donnez l’habit
Pour l’attentat contre les nœuds transparents

Je cherche les sanglots de vos joues noires
Dans ces buissons de feu. Je me souviens
D’avoir goûté la paix
Des pommes

Personne ne m’interdira plus d’entrer ici



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Je songe à l’osier de ses jambes
A ce fleuve entre elle et moi
Et je crie en maniants des outils

A cette ligne écrite et qui va disparaître
Avec ce corps économise pour
La seule rupture

Je songe à ses poignets devenus lampe
Et qui vont dormir au versant de la douleur



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(Je sors sous un grand jet pierreux)

(J’ai caché l’eau :)

(Pour un enfant doré)

Allant serrant
L’araignée fille et ange
Endormie dans la mort



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La tardive la mal rentrée
Les bouquets lui font peur
Dans la maison très noire

D’où revient-elle avec ses doubles jambes ?
L’oiseau sanglant le dit dans la mort

Dans la grande pitité elle est assise



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Septembre brûlé de lis :
Dans la ville de neige noire
J’avance vers la chapelle de la Pure

Ailleurs me suivent
Dans une longue interminable fin d’été
Des têtes qui parlent
Peut-être de leur mort
– Limpide et voilée par le soir