(très long poème de plusieurs pages
publié dans les Fiançailles de la fraîcheur,
Éditions de l'Imprimerie Nationale, 2003 ;
dont quelques strophes sont ici présentées)
Celle qui va contre le vent lépaule courbe
Elle est nocturne avec le cheval de ses jambes
Brisant la flamme enracinée en agonie
De centre et de pur sable et de racines
Les étoiles tenant avec leurs mains la grille
Et regardant le froid tomber sur lherbe noire
Touchée du feu, herbe aimée de la nuit vive
Sous la poussière céleste qui va séteindre
Puis mourir pour laisser briller lesprit
Plus pur enfant que sa prison ses yeux de larmes
Dominant le Néant enfin néant le monde
Enfin livré à des armées passantes
Autour de la lampe restée dans la maison
Abandonnée et ne parlant quà sa pierre
( )
Rêveuse est celle-là
A lombre du grand sable
Et son corps doasis est brouillé par la vent
Le lac profond de ce quelle est est dans la pierre
Et donne aux anges du feu leur nom de pluie
Cest ici loasis ô femme ô veine herbeuse
Avec laisselle herbue et la rivière
De ta joie forte et ce fracas demmêlement
De durs roseaux absolus par le désir
Ardeur de ces roseaux majeurs rompant la femme
Je salue le temps locéan sa main de cuivre
Car il finira lui aussi par seffacer
Toutes villes, ivres dabsence, le salueront
La femme absente marchera sous le vent dur
Lamande ouverte de son ventre désuvrée
Impurement elle aura des mains de neige
Et son épaule aussi sera de fille impure
Fille rêvant dun grand cheval surgi du feu
Où flambe sa crinière aussi de femme grande
En lieu de sable et de désir sous lamandier
Blanchi par le hennissement des terres
( )
Et pourtant mon amour il y avait ce cheval
Avec son long hennissement dazur
Et toi tes jambes fortes
A nouveau les voici marchant dans les prairies
Par les rues de la ville
Ni toi ni moi ni le cheval de cette ville
Navons rencontré le poète et son enfant
Je porte en moi ô mon amour cet enfant mort
Comme un bouquet un fagot un enfant mort
Pour le donner aux rusées constellations
Qui vont bientôt séteindre
( )
Beauté abstraite des falaises de tes jambes
Avec le long jasmin de leur malheur
Dans ce pays de rossignols près de la mer
Et le rossignol est un aigle : il parlera
Langage daigle avec le vent des sables
Au sommet de la dune
Où tient le point de lécroulement du sable
" Quand la mémoire va au bois, cela fut dit,
Elle ramène un joli fagot "
Ici tout est mémoire
Ici ici tout est enfin mémoire
Il faut trouver lissue
Il faut trouver lissue
Il faut trouver lissue