Salah

Stétié


Le point de vue d'Yves Bonnefoy
Etudes universitaires
Le critique d'art
Libre tribune
Salah Stétié et le Liban
Un auteur francophone
Salah Stétié
en langues étrangères
(traductions et articles)
Extraits
Derniers ouvrages publiés









































CHEMINS TOUTES CES TRACES
in
Fiançailles de la fraîcheur, Éditions de l'Imprimerie Nationale, 2003

J’annonce la folie l’étonnement
L’imbrûlé de la lune
Dont la lumière est blanche autour des cerisiers
Entourant la fillette illuminée
Fillette avec ses attributs de femme
Son front penché vers l’enfant mis à ses pieds
Celui qui rêve et parle
Et dans sa main le feu de deux cerises

Non, mon amour, je ne conterai pas d’histoire
Si dans mon cœur il y a le sang versé
La pureté et la compassion nocturne
Sont assises et elles se tiennent aux avant-bras
Face à face elles pleurent
Ô mon enfant leurs larmes sont devenues colombes
Souillant de leur déjection le lit illustre
Où me voici couché à mon tour
Attendant l’arrivée des pluies très vaines
Et dans ma bouche en train de se former le dernier mot


- - - - -



Le ciel comme un grand coup d’archet : la transparence
Est l’ombre du dieu clair de ces chemins
Volubilis nocturnes
Ils sont éparpillés dans l’univers
Partout et déchirés lambeaux du vent
Ô tigres de l’épée qui les attend
Chemins toutes ces traces
Le sable ensommeillé la nuit dormant
Dans ses dix bras la nuit comme une enfant

Il y avait le lieu pur de cette épée
Sur la gorge, à l’intérieur de la gorge,
Comme un noueux rosier noué de brume
Rosier enraciné dans ces poumons
Sur tout cela qui est musique et sang
Qui est musique et sang
Musique et sang


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A la fillette à la bleue à l’ouvragée
A la déchirée par l’épée physiologique
Je dis les grands oiseaux de son visage
Comme statues brutales de l’île de l’être
Et je lui dis : ô mon amour tu n’as qu’à souffler un peu
Sur la lampe et sur la vapeur des liserons
Pour que le miroir de ton sein s’ouvre
Que ta maison reprenne au ciel ses nuages
Et que tu sois selon tes désirs la plus seule

Moi je chemine avec le soleil rouge
J’ai appris l’alphabet
Des oiseaux sont venus se poser sur ma langue
Pour y manger mon blé
Ils sont partis mon âme s’est endormie
Homme gras comme un scribe
Ma poésie est déjà tombée dans l’automne
Déjà l’été s’avance avec des larmes
Quand j’aurais laissé mes ultimes lunettes
Sur le bois de la table tremblée
Un dernier mot jusqu’ici resté fidèle
Comme un fils dépossédé par l’antiquité du monde
S’en ira
Fermant la dernière porte