Chanson du mois d'août Tammouz à l'horizon meurt,
son sang bu par le crépuscule
en nocturne caverne. L'obscur
est civière d'ambulance noire.
Nuit qu'on dirait troupeau de femmes :
le kohl et les vêtures noires.
La nuit est tente.
La nuit est un jour en impasse.
J'ai appelé des enfants la noire nourrice :
voici que la nuit vient, Morjâne,
allume la lampe, et quoi donc ? J'ai faim.
Et quoi encore ? N'est-il un air ?
Cette radio, qu'est-ce qu'elle ressasse ?
A Londres, c'est musique de jazz, ô Morjâne,
allons vers elle, je suis joyeuse,
le jazz est pour le sang cadence.
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Le retour à Djaykoûr
Sur la blanc coursier du rêve
j'ai traversé de nuit les collines
les fuyant, fuyant la ligne longue de leurs crêtes
et le marché aux mille négoces
et le matin exténué
et la nuit d'abois aux passants
et la lumière ténébreuse
et le dieu que lave le vin
et la honte parée de fleurs
et la mort allée sur le fleuve
marchant sur ses remous dormeurs.
Ah ! si en lui s'éveillait l'eau,
Si la Vierge venait y boire,
et le sanglant soleil du soir
s'il venait se mouiller aux rives et s'y lever,
et si les branches de l'obscurité prenaient feuilles,
et le bordel, s'il se fermait aux survenants !
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